mercredi 6 avril 2011

Les Flammées, sauce Marc Haeberlin

Quelle autre région a un lien aussi naturel entre tradition et perfection, entre idée d’aujourd’hui et produit d’hier ? Qu'elle autre fratrie que celle des grands cuisiniers, s’amuse à se mélanger avec autant de plaisir affiché. C’est notre chance de vivre en Alsace, et d’en goûter sans cesse le fruit des réflexions affamées, et c’est, il faut l’avouer, une belle et extravagante idée que de demander à Marc Haeberlin de penser « tarte flambée ». Près des fours colorés, on réfléchit, on met la main à la pâte, on s’encanaille, et au bout de quelques heures, on envoie des tartes flammées équilibrées, entre tradition et modernité. Le tout dans un cadre électrique, et une ambiance éclectique, on déguste un menu à un tarif fort raisonnable pour cette qualité, 28€ pour 5 tartes flammées, pensé par Marc Haeberlin.

Il s’agit là de la nouvelle formule inventée par l’équipe d’Olivier Nasti, que l’on ne présente plus, dans son concept-stub, le Flamme & Co. On se met en bouche avec la Flammée Traditionnelle, l’incontournable de la région.



Puis on attaque les choses sérieuses avec la « Flammée à la sardine, tomate et basilic », où l’on entre dans l’esprit Haeberlin, avec une tarte tout en équilibre, au fond tomaté, bien marqué en iode avec ces tronçons de sardines.

Avec un verre d’EZ de chez Faller, tout joli tout simple, ça vous prépare le palais dans un échange salin, qui remet tout le monde en appétit.





Et heureusement car les deux tartes suivantes sont formidables de gourmandise, on continue donc dans l’esprit Illhaeusern, avec la « Quenelle de Sandre aux crevettes en tarte flammée ». Une flammée équilibrée, intelligente et simple, avec ses rouelles de quenelle, légère, fondante, ses crevettes craquantes, et le fromage gratiné qui remet une couche de friandise sur le dessus.





La suite n’est pas plus triste non plus, avec la « Tarte flammée au tendron de veau et polenta blanche », la plus gourmande du menu sans aucun doute. Une pâte toujours aussi légère, un fond relevé de quelques touches de raifort, sur lequel repose quelques morceaux de tendrons et quelques rattes confites au jus. C’est bien plus simple qu’il n’y parait finalement, mais dieu que c’est bon.




On finit de s’encanailler, avec cette « Tarte flammée à la pêche… », ultime clin d’œil à cette mythique Auberge, avec ce classicisme de bon aloi après tant de douce folie. La crème pâtissière au fond de la tarte nous cajole, la glace au yaourt installe le goût et les pêches au sirop clôturent cette soirée pas comme les autres.





Pas comme les autres car, vous avouerez qu’un chef triplement étoilée qui s’amuse avec des tartes flammées, ça se rencontre pas tous les jours. Ça tombe bien, si vous vouliez goûter cela, le menu reste à la carte au moins toute la semaine prochaine.

mercredi 2 février 2011

Un déjeuner à l'Auberge de l'Ill, c'est quoi ?, c'est tout ça

Sur les bords de l’Ill, les années coulent, paisiblement, et rien, non rien ne semble pouvoir faire dérailler la locomotive des restaurants alsaciens.

Que l’on passe sur ce parking à toute heure, en toute saison, une seule chose attrape l’œil, les sourires des gourmands qui entrent et qui sortent de cette image immuable d’une parfaite Auberge.



Pas besoin ici de néons vegassien, de Tour de Babel ou de Hong-Kong pour faire briller les étoiles dans les yeux des épicuriens et au firmament du guide rouge.
Juste la promesse d’un beau moment, simplement parfait, comme ce déjeuner partagé en toute amitié un midi de décembre dernier.

Parce qu’un 3zétoiles avec un menu-déjeuner - entrée-plat-fromage-dessert - avec le choix entre 3 propositions à chaque plat, à moins de 100€ (99 pour être précis) vous en connaissez beaucoup vous ? Nous non alors, une fois par an, on ne s’en prive pas.



Alors on commence par une coupe et un amuse-bouche qui vous introduit dans l’esprit-maison. Une tranche en plein cœur du saumon, un radis de saison, un navet confit juste de raison, quelques bouchées, un paisible horizon.



D’autant plus quand on nous propose en entrée, la mythique mousseline de grenouilles, plat phare des premières années de gloire de Mr Paul Haeberlin.

Ce plat en son temps, réussit le tour de force de convaincre la reine d’Angleterre de goûter à l’honni batracien, et qui, il y a 15 ans un soir d’anniversaire, me tirait de joyeux torrent pleins de larmes est là, à nouveau, devant moi.


Comment la décrire sinon simplement, une mousseline, consistante mais tout en légèreté, qui dans un savant mélange de chair de poisson (brochet, sandre, si je ne m’abuse) et d’autres habitudes cache une petite montagne de grenouilles.

Une mousseline, qui enferme ces petites douceurs certes, mais aussi un jus vineux et légèrement crèmé, quelques ciselures de ciboulette et un lit d’épinard qui tempère le tout.

On l’attaque, on y revient, on plonge la fourchette, la cuillère et notre appétit.
C’est simple et sapide, et pas la peine de réfléchir des heures pour une meilleure dégustation. Bref une parfaite entrée en matière, rien de plus, mais tellement mieux.


Ainsi lancé, justement accompagné d’une demi Riesling 2005 Grand Cru Kitterlé de Schlumberger, nous finissons de nous installer dans le décor, magnifique mais aucunement ostentatoire, et donc terriblement dans l’air des temps prochains.

Si vous vouliez goûter la suite de ce déjeuner, je vous invite à suivre ce lien (ICI) et si vous désirez que je vous organise un moment-épicurien dans ce lieux, n'hésitez pas à cliquer (ICI aussi)

samedi 15 janvier 2011

Fiche-conseil: Restaurant LE FRANKENBOURG à La Vancelle

Pour débuter l'année, un ami cherche, pour inviter une belle personne, une table de belle qualité, et qui change. Je lui en ai conseillé l'un ou l'autre, dont celui-ci, cela me donne envie de vous faire envie.

Comme d'habitude dans cette rubrique, j'attire votre attention sur le fait que les infos pratiques sont un peu trop ancienne pour en tenir compte.
Mais pour ce qui est du corps du texte et l'esprit de l'adresse, cela reste assez exact...et en plus depuis cela la salle a été agrandie et embellie sérieusement et le maître d'hôtel a changé, il est à mon goût le meilleur de sa génération en Alsace.












Auberge FRANKENBOURG à La Vancelle

Pour s’éloigner des sentiers battus

C’est aux confins de l’Alsace et des Vosges et à quelques encablures de la route des vins, que l’on trouve cet eldorado de gastronomie encerclé de forêt majestueuse. De ce calme et ce contact direct avec une nature sans ostentation, émerge une table ‘’hors pistes’’ des plus intéressantes.

Ce jeune cuisinier cultive le parallèle entre l’éloignement relatif de son lieu de vie et la prise direct qu’il a sur la gastronomie de notre temps, cela bien heureusement sans tomber dans des excès moléculaires (sans doute mal venu en ces lieux) ou moderniste mais en étant branché et réceptif à ce qui se fait dans la nouvelle vague.

Cela nous donne une carte bien lisible et fort appétissante dans laquelle on ne sait que choisir. Les menus, tarifés au plus juste sont là pour découvrir les idées du moment ; on peut aussi avoir envie de plats à part entière, et pour cela le choix à la carte est court mais assez cornélien.
De la simplicité d’un tourteau’mayo revisité à la subtilité du turbot aux morilles farcies et son bouillon au vin jaune (que l’on préférera peut être plus marqué).
Du Terre-Mer de l’omble chevalier et du lard associé à une carotte confite goûteuse, en passant par cet accord des plus engageants entre un beau filet de rouget recouvert de chapelure légère de saucisse noire de Bigorre. Ou encore de sa vision du ris de veau poudré d’arachides et agrémenté d’un nem du moment aux légumes.
Les desserts sont ici un bien bel atout avec la déstructuration de tarte aux citrons ou un financier au thé vert matcha soutenu par quelques gourmandises délicatement chocolatées du plus bel effet.

Reste à parler d’un service méritant, dont ressort la maîtresse de maison aux petits soins pour ses clients et un sommelier bienveillant avec une carte des vins encore un peu légère mais sage en prix et avec quelques références séduisantes. La salle est simple et sans esbroufe, la terrasse de même et cela permet d’apprécier au mieux la cuisine du chef.
Chef qui donne le sourire, dont on ne peut qu’encourager à oser davantage, à trancher encore plus ces saveurs, et qui donne envie de revenir goûter sa progression (déjà bien entamée) et ses idées qui on le mérite de nous titiller les papilles à l’avance.


Extrait de la carte du moment :
• Soupe tiède d’escargots, bille de persil, sorbet au pain brûlé.
• Maigre, consommé de queue de bœuf, fèves et jeunes poireaux.
• Strate de filet de bœuf, foie gras, pommes pailles, blettes.
• Retour de fête foraine, souvenirs d’enfance.


Coordonnées :
Hôtel Restaurant FRANKENBOURG
13, Rue du Général de Gaulle
67730 LA VANCELLE
Tél : 03-88-57-93-90
Fax : 03-88-57-91-31
www.franckenbourg.com
contact : info@franckenbourg.com


Localisation :
Près de Sélestat, prendre direction Châtenois, traversez la ville en suivant la direction Sainte Marie aux Mines, peu après la sortie de Chatenois, prendre sur votre droite en direction de La Vancelle, continuez pendant 10 bonnes minutes avant d’arrivée à bon port.

Informations pratiques :
Menu à 31, 36, 45 et 66 €
Carte : Environ 50-60 € (entrée, plat et dessert) sans les vins
Fermé les mardi soir et les mercredi toute la journée


Mise à jour de la Fiche en Octobre 2008

jeudi 30 septembre 2010

Le Meilleur de Riquewihr, visite et dégustation de fond

Il y a des jours où seul les plus courageux, les plus motivés, en d’autres termes, ceux pour qui la soif de connaissances et de beau moment est plus fort que tous les bulletins météo capricieux, sont présents.

Ces jours là, aux autres, il n’y a qu’une chose à dire : les absents ont évidemment toujours tort. C’est donc en léger comité que l’on arrive à Riquewihr, pour en goûter la substantifique moelle.

Commençons donc par DOPFF-au-Moulin à 11hrs, on attaque pour un petit tour au vendangeoir, pour le découvrir en plein travail. Il est toujours passionnant de voir arriver les premiers raisins d’un millésime, et dans un souci d’honnêteté, nous les avons goûtés à même la bourriche, pour voir de quoi les Crémants 2010 seront fait.
Ensuite un petit tour dans la cave à foudre, impressionnante au demeurant, et la soif vient de marchant.


Crémant Chardonnay 2007 DOPFF-Au-Moulin
Crémant Blancs de Noirs 2007 DOPFF-Au-Moulin
Crémant Brut Rosé DOPFF-Au-Moulin

Ces premières bulles sont là pour se mettre en place pour cette longue journée, elle nous prouve que le domaine n’est pas précurseur pour rien dans ces effervescences qui font le beurre de l’Alsace. Si le Chardonnay est encore fougueux, la clarté est bien là.
Le Blancs de Noirs lui est d’un équilibre dont bien des maisons ayant pignon sur route, pourraient s’inspirer, bien sûr on perd en Brut ce que l’on gagne en tendresse, mais voilà un superbe travail sur le pinot noir.
Le Brut Rosé est bien fait également, plus en rondeur, avec un petit manque de fruité peut-être.

Muscat 2009 DOPFF-Au-Moulin
Riesling GC Schoenenbourg 2007 DOPFF-Au-Moulin
Pinot Gris 2007 DOPFF-Au-Moulin
Pinot Gris GC Schoenenbourg 2008 DOPFF-Au-Moulin
Gewurztraminer GC Sporen 2008 DOPFF-Au-Moulin



La suite de ce compte-rendu, et tous ces vins Hugel dégustés, vous pouvez les retrouvés sur mon l'article complet, sur mon blog épicurien principal.

mardi 28 septembre 2010

25 Septembre - Déguster le meilleur de Riquewihr !

Je vous transmets en direct, ma dernière tentation épicurienne:

Déguster le meilleur de Riquewihr !

Pour ce faire, j'ai organisé une dégustation en trois temps et trois lieux, pour goûter à tout, dans les meilleures conditions possible.





Rendez-vous à été donné à 11 hrs, au Domaine DOPFF-AU-MOULIN, sérieuse maison aux crémants sur-mesure et aux rieslings purs. Nous y dégusterons 5 vins, sélectionnés dans les "propres récoltes" du Domaine.

Puis au Domaine HUGEL nous étions attendus, vers 15 hrs, pour une dizaine de vins, allant du plus simplement Gentil au plus beau des Grains Nobles.

Dommage d'a voir loupez cela vous en conviendrez, et pour tout savoir, il suffit d'attendre le compte-rendu complet qui arrive dans les prochains jours.

jeudi 19 août 2010

27 Août - Un diner avec quelques beaux vins du Rhône

En voilà une nouvelle qui ne concerne pas vraiment l'Alsace, si cela ne se passait pas dans nos terres, et que tout les protagonistes, amoureux des grands vins du Rhône, n'était pas Alsaciens.


En ce vendredi soir 27 Août, au coeur de l'Alsace, se rassemblent quelques amoureux des vins de la Vallée du Rhône.

J'organise pour vous, à la Taverne Alsacienne à Ingersheim, ce fief de solides mangeurs et de grands goûteurs, un repas ON THE RHÔNE AGAIN ! Un dîner centré autour des vins du Rhône Nord et Sud.

Au menu, 3 plats, 6 vins, dont BEAUCASTEL blanc et RAYAS rouge et quelques autres surprises et belles appellations rhodaniennes (Condrieu et Cornas entre autres)



J'organise un dîner épicurien, avec quelques beaux vins, pour 80 € par personne


Si vous désirez vous joindre à nous, il suffit de me contacter au plus vite et de réserver sa place auprès de moi, par mail (ICI), ou par téléphone (06-19-35-14-98).

Comme à l'accoutumée, ce repas sera le moment privilégié pour parler des vins du Rhône et vous apprendre quelques détails d'importance, en toute simplicité et totale décontraction, pour le plaisir...tout simplement !

mardi 17 août 2010

Domaine TRIMBACH, contre-visite

S’il est des samedis où à 11hrs tout le monde est fin prêt, totalement réveillé (voir excité), les sens aux aguets, c’est forcément qu’il se trame quelque chose de beau.

Et quand, en ce 24 juillet, approche la tour de guet, ce métronome qui éclaire le ciel des vins fins et secs d’Alsace, nous ne sommes plus que désir d’apprendre, de goûter, de partager.



Une dégustation au Domaine TRIMBACH de Ribeauvillé, sera toujours un grand moment, pour les néophytes comme pour les confirmés, et celle-ci ne déroge évidemment pas à la règle.


A l’aide de la jeune 13ème génération familiale, la fille d’un immense vinificateur-né, nous passerons en revue la gamme actuelle de la maison, dans ce qui nous semble le plus passionnant, visez plutôt :





Pinot Blanc 2007
Pinot Noir Cuve 7 Réserve 2005

Pour la forme et la mise en bouche, mais surtout aussi pour installer tout le monde dans l’esprit-maison, pour comprendre cette recherche d’évidence et ce dénuement souhaité.

Riesling Réserve 2008
Riesling Cuvée Frédéric Emile 2004
Riesling Clos Sainte Hune 2004

Pour la gloire des rieslings d’Alsace, et parce que selon moi, même s'il ne faut pas s’arrêter à cela, il est OBLIGATOIRE d’avoir goûté ces vins-là pour pouvoir apprécier les rieslings d’autre maison à leur juste valeur. On se souviendra du Réserve, sur un millésime chéri par son géniteur, qui entame la sarabande, tout en fausse évidence. Une tartine saumon fumé-espuma moutardé servira de patience pendant quAnne nous compte les légendes des deux cuvées suivantes. Puis vient le vin de noble soif, le FE2004, déjà prêt à passer les années, dans sa précision et son côté citron. Tout cela avant le Graal, le Clos Sainte Hune 2004, sérieusement jeune mais déjà totalement concentré. On se demande ce qu’il en sera dans 10 ans mais aujourd’hui ça vibre déjà, c’est plein de fougue canalisée, de puissance disciplinée.

Pour connaître la suite de ce compte-rendu, je vous invite sur mon blog épicurien principal